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14/09/2009

Feria d’Arles : pour Roman Perez, le hasard fait bien les choses

Journée de clôture de la feria du Riz.

perez.jpgD’abord ce constat : la feria du Riz d’Arles n’a pas fait le plein cette année. Pas plus la course équestre qui ouvrait hier matin la journée de clôture que les corridas de samedi ou vendredi. La faute à des cartels pas forcément sexy, à la concurrence, à la crise, au trop-plein de corridas, à la peur de la grippe, au coût de la rentrée et aux factures qui tombent régulièrement dans les boîtes aux lettres ? Un peu tout ça sans doute.

Mais l’on peut aussi voir le verre à moitié plein : malgré tout, 8 000 spectateurs se pressaient hier matin sur les gradins pour applaudir le cavalier vétéran Joao Moura (saluts et applaudissements), plein d’envie mais malheureux au moment de conclure, l’inégalable Pablo Hermoso de Mendoza (oreille et deux oreilles), dans un bon jour sans plus, et Diego Ventura (oreille et deux oreilles et la queue), son plus bouillant challenger, pour qui la présidence se montra d’une générosité triomphaliste.

L’après-midi, 9 000 aficionados se réjouissaient d’assister (après une énième et interminable cérémonie de remise de trophées dont Arles est décidément friande) à la corrida d’alternative de Roman Perez de Tarascon, parrainée par Juan Bautista d’Arles et sous le témoignage de Sébastien Castella de Béziers. Cocorico donc. Las, comme souvent cette année avec cet élevage de Valdefresno, le lot de toros (bien présenté) offrit un jeu de très inégale qualité et aux forces régulièrement déficientes.

Juan Bautista (saluts et saluts) eut par exemple d’abord à s’employer avec un toro brave sous le châtiment mais avec lequel il ne s’exprima ensuite vraiment que le temps de quelques passes gauchères. Il essaiera bien de raccourcir les distances pour forcer la décision sur le final mais, pas très à l’aise dans cet exercice, il en finit pour saluer sous l’ovation. Avec le quatrième, s’il réussit un début agréable, il se rendit vite compte qu’en raison de la faiblesse insigne de son opposant tout espoir de grande faena n’était que chimère. De "ses" arènes, il ressortit donc bredouille.

Sébastien Castella (oreille et applaudissements) qui fracasse avec méthode toutes les grandes portes de toutes les arènes où il se produit actuellement réussit une entame magnifique, un genou en terre, avec son bon premier. Avant d’instrumenter une faena de beaucoup de pouvoir et de domination, s’adaptant sans souci à toutes les difficultés de son adversaire. Idem avec son très compliqué second devant lequel il ne rompit jamais même s’il ne put décrocher le triomphe convoité.

Le hasard faisant donc bien les choses, c’est le jeune Roman Perez (oreille et deux oreilles) qui, pour son doctorat, reçut le meilleur lot en partage. Deux toros d’une noblesse gourmande dont il profita avec l’enthousiasme du débutant et la maturité technique du novillero qui a beaucoup toréé lors de sa première carrière. Bref, hier, il jouissait du moindre instant, ne laissait pas une miette de festin et ponctuait le tout de deux coups d’épée efficaces.

Et si on ne sait pas encore ce que peut donner la suite de sa carrière de matador, une chose est sûre : il n’oubliera jamais le jour où il en a écrit le premier chapitre.

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