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13/09/2009

Feria d'Arles : Tejela adulé, Manzanares snobé

Deuxième journée de la feria du Riz.

arles2.jpgD’une forme d’injustice en matière tauromachique il sera ici question, quand nous aborderons la corrida vue hier après-midi à Arles par 7 000 spectateurs. En matinée, ils se comptaient bien 6 000 pour venir applaudir gratuitement les participants à une novillada non piquée et, surtout, le jeune Franco-Mexicain Michelito. Présenté en démonstration sans mise à mort, et sans interventions ni de picadors ni de banderilleros, le joufflu garçonnet a fait montre d’un métier certain. Déjà ! Mais soyons honnête : il est très loin de reproduire l’ahurissant effet de sidération que le Juli avait provoqué à peu près au même âge, lors d’une inoubliable matinée nîmoise dont nous étions sortis tout ébaubis.

Le rendez-vous vespéral offrit l’occurrence d’une intéressante et très bien présentée corrida de Jandilla, qui donna du jeu sans manquer de piquant. Avec au casting un Julio Aparicio (applaudissements et bronca) qui distilla d’abord devant son premier une précieuse poignée de passes naturelles, servies avec indolence dans un premier temps, puis profondeur ensuite. Avec son second, il essaiera peu, pas du tout en fait, et essuiera un gros grain descendu des gradins.

Matias Tejela (deux oreilles et deux oreilles) n’est pas venu pour rien remplacer El Cid blessé. Il a superbement toréé, à droite notamment, son premier opposant, un toro de classe, devant qui il lia les passes en baissant la main et en profitant au maximum de la généreuse noblesse de ses charges. Le Madrilène récidiva avec le cinquième du jour, lors d’une faena plus décousue, non exempte de ces scories tapageuses qu’il affectionne, mais toujours avec un gros impact sur le public. Deux grands coups d’épée plus tard et le voilà plus riche de quatre trophées.

José Mari Manzanares (saluts et oreille) n’en ramènera qu’un chez lui et, même si l’on n’a pas ici l’habitude d’ergoter sur les récompenses, avouons qu’il s’agit d’une injustice rare. Mais l’Alicantin connut d’abord une autre forme de déni, celui d’un public glacial qui le regarda magnifiquement toréer son premier toro dans un silence sépulcral. Puis il dessina avec le dernier de l’après-midi une des plus belles faenas vues cette année dans une arène de France, une faena irréelle, sous la forme d’un éloge à la lenteur, une faena de somnambule que l’on vit comme un rêve éveillé. Cette fois le public connecta, cette fois il exigea que Manzanares soit généreusement primé, mais cette fois la présidence, pour on ne sait quelle mystérieuse raison, ne consentit à lui accorder qu’une seule oreille. Dérisoire reconnaissance, presque une gifle, une insulte. Lancée à un Manzanares snobé, un Manzanares humilié mais un Manzanares que l’on ne risque pas d’oublier.

# Aujourd’hui : à 11 h, corrida équestre pour Moura, Mendoza et Ventura. A 17 h, corrida de Valdefresno pour Bautista, Castella et Perez qui prendra l’alternative.

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