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02/04/2010

L'abnégation au pouvoir

La première corrida du cycle pascal à Arles, achevée il y a deux heures, n'a pas tenu toutes ses promesses. Marco Leal, impétrant du jour et local de l'étape soutenu par sa ville, a vu combien il était long le chemin qu'il a envie de parcourir (il n'a pu que saluer après des efforts et des échecs avec l'épée).

Il a vu aussi et surtout pourquoi certaines stars étaient stars. Das le cas du Juli (trois oreilles) et de Castella (saluts et grosse ovation), en sus de leurs qualités pures de torero, Marco Leal aura pu observer un mental, une force de caractère qui en font des monstres de courage froid dotés d'un esprit de champion, de compétiteur. Ils ne lâchent jamais rien alors qu'ils pourraient se le permettre. Le Juli aurait pu expédier un Garcigrande qui avait perdu l'enveloppe de son sabot comme le lui demandait une large partie du public. Il préféra quémander patience et élaborer une faena qui fera taire tout lazzi. Au passage, il coupera une oreille de plus (deux, une de trop, lui avaient été accordées après un premier combat un rien désinvolte).

Castella aurait pu abréger avec un adversaire à la dangereuse corne droite, qui deux fois le cueillit sans dégâts. Mais Sébastien préféra le soumettre sur la base d'une belle série gauchère avant de venir à nouveau défier ce piton de tous les dangers et, devant lui, de s'imposer sans faillir. Pundonor, courage, sang-froid, maturité technique... on peut convoquer beaucoup, on reste sûr d'une chose : ces deux-là, même les jours où c'est pas forcément ça, tiennent leur rang. Toujours. 

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