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25/11/2011

Il y a vingt ans, Nimeno II...

Triste anniversaire que celui qui est célébré aujourd'hui dans les coeurs et les mémoires aficionados. Il ya vingt ans, donc, s'en allait Christian Montcouquiol, ainsi qu'il l'avait décidé. On ne reviendra pas ici sur las raisons qui l'on poussé à ce geste fatal, sur l'accident d'Arles, sur la tragédie. On préfère aujourd'hui se souvenir d'un doux sourire qui contrastait si franchement avec la violence des affrontements auxquels il était préposé.

Ou se rappeler plus intimement que l'on a pu supporter Nimeno comme on le faisait d'un sportif ou d'une équipe de foot. Où en était Nimeno à l'escalafon et au nombre d'oreilles coupées était la première chose que l'on cherchait, ado, chaque semaine dans l'Aplausos qui arrivait à la maison le jeudi (un père abonné), un peu comme on consultait France football, en douce caché derrière le kiosque du tabac-presse, le mardi matin, pour savoir si Platini était toujours en tête du classement des buteurs en Italie. On se foutait un peu de savoir s'ils avaient été bons ou pas, on voulait juste être certain qu'ils avaient marqué ou coupé, que leur progression se confirmait, qu'ils avaient eu du succès.  Voilà, c'est bizarre mais quand j'ai pensé à Nimeno ce matin, j'ai pensé à ça, au bruit de l'enveloppe brune qui tombe dans le garage après que le facteur y a glissé l'exemplaire d'Aplausos, et au regard du patron de la maison de la presse, quartier des Escanaux à Bagnols-sur-Cèze (Gard), qui, mi-courroucé, mi-compréhensif, essayait de vous faire comprendre que "petit, cinq minutes ça va, mais si tu veux la lire la revue, achète-là".

Depuis, on a vu des centaines de corridas, acheté et lu des milliers de revues et de magazines, et de journaux, et de livres, vécu, dans un mundillo que l'on a pu approcher via notre pratique professionnelle, quelques moments rares, et puis quand même, trente ans d'une existence somme toute bien remplie sont passés. Et ce sont pourtant des bouts de vie, des fragments de souvenirs, des instantanés d'adolescence finissante qui remontent ce matin à la surface. Des détails. Ce qui reste quand on a tout oublié. 

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