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11/05/2012

Oh, Jacques...

Emoi dans mundillo, et un peu ailleurs aussi. Après un quart de siècle de chroniques tauromachiques signées Jacques Durand qui ont enchanté une paire de générations d'aficionados dans les colonnes de Libération, le quotidien a décidé de supprimer cette page, hebdomadaire en période de temporada, et qui adoptait un rythme mensuel une fois l'automne venue. Enfin, dans les départements où elle paraissait, car cela fait de longues années (deux décennies ?) qu'on ne pouvait plus la lire en région parisienne ou dans tout autre lieu en France qui n'a pas, ou plus, de tradition taurine.

Car cette page était quasiment devenue une incongruité dans le paysage de la presse quotidenne nationale, ne devant sa création même qu'à une poignée d'aficionados oeuvrant à Libé alors que la très grande majorité de sa rédaction a toujours été plutôt hostile à la tauromachie. Suerte : ces quelques amateurs occupaient les postes hiérarchiques les plus haut placés (dont le big boss Serge July) ce qui a quand même dû aider à imposer le rendez-vous devenu, au fil des ans, si précieux aux habitants de la planète toros.

On ne va pas ici, sur un blog spécialisé, signifier à des lecteurs qui le sont tout autant, pourquoi nous apprécions Jacques, son style inimitable, son talent. Non, je me bornerai à une ou deux impressions personnelles, des souvenirs plutôt. Liés à la qualité de son écoute et à sa gentillesse de vrai gentil, ce dont il a su faire montre il y a presque vingt ans, quand il croisait pour la première fois l'auteur de ces lignes, apprenti chroniqueur  que j'étais alors et à qui il s'adressait comme à un égal, de confrère à confrère, sans morgue, ni suffisance, ni condescendance. Et avoir la chance de suivre quelques corridas à ses côtés, devant un écran télé en piquorant quelques bricoles dans un établissement nîmois, ou derrière un burladero, fait partie des moments que tout aficionado qui a lu un jour un de ses papiers a envie de vivre. J'ai eu cette chance et la nouvelle de la disparition de sa chronique, si cette décision est bien définitive, m'attriste, même si on pourra continuer à le suivre, lui, par ailleurs. Comme elle affligera de nombreux lecteurs de Libé, et aussi ces amoureux de sa langue, qui le lisaient par pur plaisir littéraire alors que la tauromachie ne les intéressaient en rien.  

Ce qui n'était pas la moindre réussite de la chronique de Jacques. 

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