Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

23/05/2012

Nîmes face à la crise

La feria de Pentecôte 2012 débute dans quelques minutes à Nîmes, avec une corrida de Victorino Martin (pour Urdiales, Alberto Aguilar et Joselito Adame). Ce début de feria, Simon Casas, directeur des arènes, le vivra depuis Madrid où il suit la San Isidro, dans ces arènes de Las Ventas dont il est également attaché à la direction. Joint aujourd'hui par téléphone, il a accepté d'évoquer avec nous cette année particulière pour la tauromachie, entre crise financière, revendications diverses des toreros stars et volonté de certaines arènes, en France notamment, de revoir leurs cachets à la baisse.

"Nous sommes dans une configuration inédite puisque le monde vit une crise comme il n'en a pas connu depuis le début du XXe siècle. Ce n'est donc pas seulement le secteur taurin qui est touché" commence-t-il par noter. Et le Nîmois de relever que, contrairement à une idée reçue, "il n'y a pas de désaffection du public, il y a un problème de pouvoir d'achat". Autrement dit, si il y a toujours autant de monde à avoir envie d'aller aux arènes, "ces spectateurs vont aller voir deux ou trois corridas au lieu d'acheter un abonnement, ou n'iront voir qu'une seule corrida au lieu d'en voir trois ou quatre comme ils en avaient l'habitude".

Fort de ce constat, Simon Casas estime que l'on "doit aujourd'hui revoir la manière d'organiser les corridas, qui n'a presque pas changé depuis le XIXe siècle. Il faut articuler la tauromachie avec l'environnement social et culturel, ce que je fais actuellement à Madrid, il nous faut aussi un taux de TVA adapté, celui des spectacles, pas celui des services comme en ce moment. Nous relevons du spectacle vivant, les subalternes sont des intermittents du spectacle et la tauromachie a été reconnue relevant du patrimoine culturel immatériel ! Avec mes collègues Robert Margé et Luc Jalabert, nous faisons valoir ces arguments auprès de l'administration fiscale".

Il pointe aussi le fait que la corrida "ne vit que de la billeterie". Domaine sensible s'il en est, il reste vrai que ni sponsoring, ni publicité ni autre type de partenariat (surtout pas en France), ne s'inscrivent dans le sillage des soutiens à la chose taurine. Par conséquent, estime Simon Casas, "des choses sont à revoir. Nous organisons trop de corridas, à Nîmes notamment, et si on ne demande pas de subventions, les redevances sont parfois trop élevées". Quant à la question du cachet des toreros, s'il n'est pas de ceux  qui stigmatisent les prétentions des figuras en la matière, il reconnaît cependant que certains émoluments sont "inadaptés" à la situation économique actuelle.

Pour l'instant, alors que le soleil est revenu sur Nîmes et la région, les aficionados s'apprêtent à retrouver le chemin des arènes.  En plus grand nombre que prévu semblerait-il, pour les courses d'aujourd'hui, et de demain aussi (Paquirri, Fandi, Pablo Sanchez devant des Torrehandilla), ainsi qu'il le confiait ce matin dans les colonnes de Midi Libre. On suit tout ça de près, bien sûr.

Les commentaires sont fermés.