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23/05/2010

L'aigle vole au soleil

On allait ce matin aux arènes de Nîmes encore ravis par l'excellent spectacle proposé la veille par la corrida de Fuente Ymbro qui a vu triompher un très volontariste (Ruben Pinar trois oreilles). Vaillant fut Barrera (une vuelta) et injustement compris resta un César Jimenez dont la deuxième prestation permit de s'interroger sur la relativité des choses. On peut ainsi juger un brin paradoxal que des gradins restent assez froids quand un torero comme Jimenez accueille sans ciller, à genoux ou debout, des charges de trente mètres de son adversaire (primé d'un tour de piste posthume) et que ce même public, dans la seconde suivante lui fasse une ovation du tonnerre parce qu'il a remis sa montera à l'endroit. Non ?

Mais bon, nous étions donc assez bien disposés ce matin en nous rendant aux arènes pour suivre une longue corrida de Juan Pedro Domecq, avec deux toros changés, un protesté, un Conde concerné puis secoué puis périphérique, et un Morante décidé qui émaillait la matinée de véroniques de soie, le menton cloué au jabot, ou de détails luxueux. Puis sortit le sixième, Morante s'assit sur sa chiase, oui, sa chaise, entama ainsi sa faena et les dix  minutes suivantes déclinées comme, à la fois, un éloge de la lenteur et une définition de ce qu'on appelle le temple. C'est indescriptible, on décrira donc peu, mais on se souviendra que la chaise, finalement enlevée pendant la faena par un subalterne a été remise en piste par le même sur injonction du maestro. Qui prit d'ailleurs soin de la renverser, ainsi qu'elle était lorsqu'elle fut évacuée. Comme si c'était un tableau qui se dessinait et que rien, dans le cadre, ne devait bouger. D'ailleurs c'est une vision semblant surgie d'un tableau de Dali qui éclata quand Morante se rassit sur la fameuse chaise pour attendre que tombe son noble opposant de Juan Pedro.

Dans une ambiance des grands soirs (ou, c'était un matin, mais justement, on en reparle), la vox populi exigeait et obtenait les trophées maximum. "Il est enfin rentré à Nîmes" observait avec raison depuis le callejon Chinito alors qu'El Juli apllaudissait à tout rompre le tour de piste de l'artiste. Dont on n'oubliera pas de sitôt les naturelles d'un même velours que celui de son somptueux costume ni tout ce qui a contribué à nous transporter cinq minutes ailleurs. Très loin, très haut, là où brille le soleil noir de la tauromachie, là où volait ce rapace qui longtemps, en cette chaude matinée, suspendit son vol au dessus du théâtre antique.

Formulons ce dernier voeu pour finir : maintenant que l'indispensable effort pédagogique pro-Morante a abouti via plusieurs programmations matinales successives (et malgré divers échecs, louons ici l'abnégation et le sens artistique du metteur en scène), espérons voir Morante programmé comme il se doit désormais. En grande vedette, l'après-midi, au duel avec les meilleurs.

20/05/2010

Aparicio électrise Nîmes

Il s'est passé quelque chose hier aux arènes de Nîmes. Le "troisième" a raflé la mise lors de ce qui auarit dû être la corrida de l'affrontement de Tomas, finalement remplacé par Talavante pour les raisons que l'on sait, et de Castella. Mais lui l'inconstant, l'artiste irrégulier aux sautes d'humeur aussi fréquentes qu'imprévisibles a, le temps d'un second combat ardent livré à un toro de Nunez del Cuvillo magnifique de noblesse (et récompensé d'un tour de piste posthume), complètement électrisé une arène qui l'adule depuis plus de vingt ans. Et qui attendait "ça" depuis à peu près autant de temps.

Il fallait voir hier, dans le callejon comme sur les gradins, les mines réjouies, les sourires, de 10 000 personnes ravies que ce moment survienne avec lui, un après-midi de feria, par jour de grosse affluence. Un Aparicio qui commença sa faena (pas dénuée, d'ailleurs, de scories, de maladresses, mais l'important n'était pas là, hier)  à genoux et qui laissa exploser ensuite son envie de triompher, la rage des succès qu'il a ratés ces dernières années, des grands toros à côté desquels il a pu passer, sa nostalgie des belles années, son amour de la tauromachie, sa fragilité et ses forces, ses dérèglements et ses certitudes, et quelques autres bricoles encore. C'était très beau, très émouvant, ce n'était pas qu'un grand moment de tauromachie, c'était aussi un quart d'heure dans la vie de Julio Aparicio, un type et un torero pas tout à fait comme les autres. Castella (oreille et saluts) et Talavante (saluts et silence) ont été moins bien servis que le héros du jour (qui avait déjà eu affaire à un très bon premier toro avec lequel il ne s'était pas accordé)  mais ils ont tenu leur rôle avec assurance et tranquilité. Castella surtout, très technique, avec un compliqué premier.

Mais c'est Aparicio qui restera dans les mémoires, son envie et ses retrouvailles enflammées avec une ville qui l'a tant aimé, petit prince chéri parmi les petits princes d'une génération de novilleros dorée à l'or fin. Et, tiens, hier un peu de vent soufflait, comme ce matin où, novillero, il écrivit une page de l'histoire de ces arènes. Il y a plus de vingt ans.

19/05/2010

A Rafaelillo la première oreille de Nîmes

Rafaelillo, après avoir salué à l'issue de son premier combat a coupé l'oreille de son second Miura, ce soir à Nîmes, pour l'ouverture de la feria de Pentecôte. Il alternait avec Juan José Padilla, qui n'a écouté que le silence, et Mehdi Savalli (applaudissements et silence). Rafaelillo s'est imposé au courage par un très fort vent qui a rendu la course d'autant plus dangereuse.

Demain, Castella et Talavante seront au paseo. Talavante remplace, rappelons-le, Tomas blessé et a été bien ce soir  à Madrid même s'il n'a pas pu rencontrer le succès (oreille pour Perera, blessure à la main pour Curro Diaz).

18/05/2010

Nîmes entre en feria

C'est demain que démarre la feria de Nîmes avec une corrida de Miura pour Juan José Padilla, Rafaelillo et Mehdi Savalli (paseo à 18 h 30).

Une feria sans Tomas donc, mais avec Ponce, Luque, le Juli et Castella, tous les quatre deux fois à l'affiche  (les deux derniers s'affrontant même en mano a mano pour la clôture), mais aussi Conde, Morante, Mendoza, Tejela, Jimenez, Bautista, Aparicio, Talavante... Bref du très haut de gamme pour une feria de Pentecôte luxueuse. Vivement demain

16/05/2010

A Alès, Robleno remplace Calvo

Victime d'une rupture des ligaments croisés hier alors qu'il toréait à Casas de Benitez (province de Cuenca), José Calvo ne sera évidemment pas au paseo de la deuxième corrida de la feria d'Alès aujourd'hui, aux côtés de Sanchez Vara et Ivan Fandino pour affronter les toros d'Adolfo Martin. José Calvo (dont al saison est certainement d'ores et déjà terminée) sera remplacé cette après-midi par Fernando Robleno.

Hier Julien Miletto a coupé la seule oreille de la corrida de Baltasar Iban, à son second adversaire, après avoir effectué une vuelta à l'issue de son premier combat. Le Nîmois alternait avec Javier Valverde (silence et silence) et Eduardo Gallo (saluts et silence).

13/05/2010

Trois oreilles pour Castella

Pour son solo nîmois, débuté en retard en rasion de la pluie, un véritable déluge s'abattant sur Nîmes deux heures avant la course, Sébastien Castella a obtenu trois trophées. Il a coupé deux oreilles de son second toro de Garcigrande, et une oreille du cinquième, un autre Garcigrande.

L'entrée est restée modeste, pas plus de 6 000 spectateurs, la météo déplorable sur Nîmes hier (et sur l'ensemble de la région depuis plusieurs jours) ayant découragé nombre d'aficionados. L'ensemble de la recette sera reversée aux sinistrés du tremblement de terre d'Haïti.

Castella seul

Pour aider Haïti, Castella voulait être seul ainsi qu'il le rappelle aujourd'hui dans les colonnes de Midi Libre. Seul, et avec l'envie que cette corrida soit une marque dans sa carrière, qu'elle dessine "un avant et un après" confie-t-il encore.

Cette après-mdi, Sébastien Castella sera donc seul face à six toros issus de six élevages différents, un exercice qu'il s'était pourtant promis de ne pas répéter après sa dernière tentative en la matière, à Nîmes déjà, il y a deux ans. Organisée par Simon Casas, bénéficiant du concours d'artistes tels Sylvain Fraysse et Botero, pas moins, pour la promouvoir, cette corrida est le premier évenement de la grande quinzaine nîmoise puisque le cycle de Pentecôte démarre mercredi. On a le temps d'en reparler

11/05/2010

A Nîmes, Tomas forfait, Talavante appelé

A Nîmes, José Tomas est définitivement forfait et c'est Alejandro Talavante qui a été appelé pour le remplacer. Voici l'intégralité du communiqué que viennent de publier les arènes de Nîmes : "Salvador BOIX, apoderado de José TOMAS ayant informé hier soir la direction des arènes de Nîmes que José TOMAS ne pourrait être présent à la feria de Nîmes le jeudi 20, ce dernier sera remplacé par le matador Alejandro TALAVANTE.

Toutes les grandes vedettes étaient déjà annoncées à la féria de Nîmes 2010 (certaines d'entre elles comme EL JULI et Enrique PONCE à deux reprises), la direction des arènes de Nîmes n'avait donc qu'un choix restreint entre les deux seules vedettes qui n'étaient pas annoncées : PERERA et TALAVANTE.

C'est TALAVANTE qui a été choisi compte tenu de son cartel dans les arènes de Nîmes.

Une autre vedette n'était pas annoncée à Nîmes ; MANZANARES, qui ne peut se produire ayant été opéré récemment d'une hernie discale."

10/05/2010

Les cartels de Dax

La saison tauromachique des arènes dacquoise s'articulera autour de cinq corridas, une corrida de rejon, une corrida portugaise et une novillada avec picador. Elle débutera le vendredi 13 août avec des toros de Daniel Ruiz pour Enrique Ponce, Morante de la Puebla et Daniel Luque. Le lendemain, José Luis Moreno, Diego Urdiales et Alberto Aguilar affronteront le bétail de Victorino Martin. Le 15, en matinée, corrida équestre, avant, le soir, la corrida du Comte de Mayalde pour Rafaelillo, Sergio Aguilar et Medhi Savalli. Le 16, Sébastien Castella sera opposé aux d'El Pilar avec El Cid et le Colombien Luis Bolivar. La féria se terminera le 17 avec des toros d'Ana Romero pour Curro Diaz, El Juli et Miguel Angel Perera.

En septembre, la feria "Toros y Salsa" sera constituée de deux corridas: le samedi 11, les toros de Garcigrande seront combattus par Enrique Ponce, Sébastien Castella, alors que le dimanche 12, Morante de la Puebla, El Juli et Perera alterneron face à du bétail de Victoriano del Rio.

09/05/2010

Le triomphe de Margé

Un toro honoré d'une vuelta posthume, un tour de piste en compagnie de Ponce et une sortie en triomphe avec ce même Ponce et le Juli. C'est peu dire que la corrida lidiée hier à Palavas et miraculeusement épargnée par la pluie a été un succès total pour l'éleveur Robert Margé. Ponce donc (salut et deux oreilles et la queue) et El Juli (deux oreilles et oreille) ont profité à plein des qualtés du bétail grandi au bord de l'Aude alors que le Cordobes fils, essentiellement présent dans ce cartel de luxe pour tirer encore un peu sur le fil de l'histoire tissée entre son père et ses arènes, n'a écouté que le silence et perdu gros, très gros, dans cette histoire.