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20/09/2009

Feria de Nîmes : Castella impressionne en matinée

Sébastien Castella a enthousiasmé les 10000 spectateurs de l'amphithéâtre romain hier matin à Nîmes. Il a coupé les deux oreilles de ses deux premeirs adversaires (applaudissements à l'issue de son troisième combat)) après deux démonstrations étonnantes de pouvoir, de domination et de courage froid. Et ce, autant devant son très encasté et fougueux premier, qu'avec son arrêté deuxième à qui il inventa une faena en s'installant sur les cornes.

Il alternait en mano a mano avec Morante de la Puebla (silence, oreille et saluts) qui distilla tout au long de la matinée des gestes de grande classe marqués au sceau de la plus pure des conceptions du toreo.  Mais, hormis quelques thuriféraires transis,  c'est de Castella dont tout le monde parlait à l'issue de cette très bonne corrida de Victoriano del Rio.

19/09/2009

Feria de Nîmes : Ponce gé-nial !

On a vu El Juli stupéfiant vendredi soir, on a retrouvé Enrique Ponce génial samedi matin. Génial de technique et d'inspiration, de science (des terrains, du toro) et de temple. Et s'il n'a coupé qu'une oreille au final (à son premier toro) ce n'est dû qu'à des défaillances avec l'épée. Mieux, après l'éblouissante démonstration servie devant son compliqué premier, qu'il n'eut de cesse d'améliorer avant de le soumettre parfaitement à sa volonté, le public, non seulement ne lui tint pas rigueur d'un naufrage avec l'épée, mais il l'invita à effectuer un tour de piste vibrant au son de "torero ! torero !" qui débordaient de ferveur et de reconnaissance.

De l'éleveur Juan Pedro Domecq au directeur des arènes Simon Casas, un mot revenait sur toutes les bouches des 8000 spectateurs : la perfection. Une perfection qui ne tue pas l'émotion, ce qui n'est pas la moindre prouesse réussie hier par Ponce. Le torero valencian alternait avec  Luis Francisco Espla (saluts et une oreille), très touchant pour ses adieux aux arènes françaises, et Julio Aparicio (silence et silence). La sécheresse du "score" enregistré par ce dernier ne nous fera pas oublier la poignée de véroniques sublimes qu'il a cloua sur le sable alors que sortait son premier adversaire. Elles resteront comme une des nombreuses images de cette belle corrida que nous rangerons dans l'armoire à souvenirs, prêtes à servir lors des longues après-midis d'hiver sans toros.

Feria de Nîmes : belle novillada matinale

FG090918A20.jpg2000 spectateurs ont assité à une belle novillada de La Quinta ce samedi matin. Pablo Lechuga (oreille et silence), Patrick Oliver (applaudissements et silence) et Thomas Duffau (deux oreilles et applaudissements, photo Florent GARDIN) ont été les protagonistes de ce spectacle intéressant de bout en bout, notamment grâce au comportement général d'un excellent lot de toros qui offrit beaucoup de jeu et maintint un intérêt soutenu toute la matinée.

Lechuga a eu, essentiellement devant son premier adversaire, quelques gestes de classe. Patrick Oliver, à peine remis de sa très grave blessure à la gorge, n'est pas complètement parvenu à se retrouver lors de cette course. Il Faudra lui donner le temps de se reconstruire un mental et de revenir. C'est finalement Thomas Duffau qui a raflé la mise. Excellent face à son très bon premier, devant lequel il lia les passes en des séries profondes de très belle facture, il a ensuite manqué une sortie par la Porte des Consuls en raison de défaillances avec l'épée. Mais ce garçon doué, originaire de Mont-de-Marsan, est à revoir au plus vite.

14/09/2009

Feria d’Arles : pour Roman Perez, le hasard fait bien les choses

Journée de clôture de la feria du Riz.

perez.jpgD’abord ce constat : la feria du Riz d’Arles n’a pas fait le plein cette année. Pas plus la course équestre qui ouvrait hier matin la journée de clôture que les corridas de samedi ou vendredi. La faute à des cartels pas forcément sexy, à la concurrence, à la crise, au trop-plein de corridas, à la peur de la grippe, au coût de la rentrée et aux factures qui tombent régulièrement dans les boîtes aux lettres ? Un peu tout ça sans doute.

Mais l’on peut aussi voir le verre à moitié plein : malgré tout, 8 000 spectateurs se pressaient hier matin sur les gradins pour applaudir le cavalier vétéran Joao Moura (saluts et applaudissements), plein d’envie mais malheureux au moment de conclure, l’inégalable Pablo Hermoso de Mendoza (oreille et deux oreilles), dans un bon jour sans plus, et Diego Ventura (oreille et deux oreilles et la queue), son plus bouillant challenger, pour qui la présidence se montra d’une générosité triomphaliste.

L’après-midi, 9 000 aficionados se réjouissaient d’assister (après une énième et interminable cérémonie de remise de trophées dont Arles est décidément friande) à la corrida d’alternative de Roman Perez de Tarascon, parrainée par Juan Bautista d’Arles et sous le témoignage de Sébastien Castella de Béziers. Cocorico donc. Las, comme souvent cette année avec cet élevage de Valdefresno, le lot de toros (bien présenté) offrit un jeu de très inégale qualité et aux forces régulièrement déficientes.

Juan Bautista (saluts et saluts) eut par exemple d’abord à s’employer avec un toro brave sous le châtiment mais avec lequel il ne s’exprima ensuite vraiment que le temps de quelques passes gauchères. Il essaiera bien de raccourcir les distances pour forcer la décision sur le final mais, pas très à l’aise dans cet exercice, il en finit pour saluer sous l’ovation. Avec le quatrième, s’il réussit un début agréable, il se rendit vite compte qu’en raison de la faiblesse insigne de son opposant tout espoir de grande faena n’était que chimère. De "ses" arènes, il ressortit donc bredouille.

Sébastien Castella (oreille et applaudissements) qui fracasse avec méthode toutes les grandes portes de toutes les arènes où il se produit actuellement réussit une entame magnifique, un genou en terre, avec son bon premier. Avant d’instrumenter une faena de beaucoup de pouvoir et de domination, s’adaptant sans souci à toutes les difficultés de son adversaire. Idem avec son très compliqué second devant lequel il ne rompit jamais même s’il ne put décrocher le triomphe convoité.

Le hasard faisant donc bien les choses, c’est le jeune Roman Perez (oreille et deux oreilles) qui, pour son doctorat, reçut le meilleur lot en partage. Deux toros d’une noblesse gourmande dont il profita avec l’enthousiasme du débutant et la maturité technique du novillero qui a beaucoup toréé lors de sa première carrière. Bref, hier, il jouissait du moindre instant, ne laissait pas une miette de festin et ponctuait le tout de deux coups d’épée efficaces.

Et si on ne sait pas encore ce que peut donner la suite de sa carrière de matador, une chose est sûre : il n’oubliera jamais le jour où il en a écrit le premier chapitre.

13/09/2009

Feria d'Arles : Tejela adulé, Manzanares snobé

Deuxième journée de la feria du Riz.

arles2.jpgD’une forme d’injustice en matière tauromachique il sera ici question, quand nous aborderons la corrida vue hier après-midi à Arles par 7 000 spectateurs. En matinée, ils se comptaient bien 6 000 pour venir applaudir gratuitement les participants à une novillada non piquée et, surtout, le jeune Franco-Mexicain Michelito. Présenté en démonstration sans mise à mort, et sans interventions ni de picadors ni de banderilleros, le joufflu garçonnet a fait montre d’un métier certain. Déjà ! Mais soyons honnête : il est très loin de reproduire l’ahurissant effet de sidération que le Juli avait provoqué à peu près au même âge, lors d’une inoubliable matinée nîmoise dont nous étions sortis tout ébaubis.

Le rendez-vous vespéral offrit l’occurrence d’une intéressante et très bien présentée corrida de Jandilla, qui donna du jeu sans manquer de piquant. Avec au casting un Julio Aparicio (applaudissements et bronca) qui distilla d’abord devant son premier une précieuse poignée de passes naturelles, servies avec indolence dans un premier temps, puis profondeur ensuite. Avec son second, il essaiera peu, pas du tout en fait, et essuiera un gros grain descendu des gradins.

Matias Tejela (deux oreilles et deux oreilles) n’est pas venu pour rien remplacer El Cid blessé. Il a superbement toréé, à droite notamment, son premier opposant, un toro de classe, devant qui il lia les passes en baissant la main et en profitant au maximum de la généreuse noblesse de ses charges. Le Madrilène récidiva avec le cinquième du jour, lors d’une faena plus décousue, non exempte de ces scories tapageuses qu’il affectionne, mais toujours avec un gros impact sur le public. Deux grands coups d’épée plus tard et le voilà plus riche de quatre trophées.

José Mari Manzanares (saluts et oreille) n’en ramènera qu’un chez lui et, même si l’on n’a pas ici l’habitude d’ergoter sur les récompenses, avouons qu’il s’agit d’une injustice rare. Mais l’Alicantin connut d’abord une autre forme de déni, celui d’un public glacial qui le regarda magnifiquement toréer son premier toro dans un silence sépulcral. Puis il dessina avec le dernier de l’après-midi une des plus belles faenas vues cette année dans une arène de France, une faena irréelle, sous la forme d’un éloge à la lenteur, une faena de somnambule que l’on vit comme un rêve éveillé. Cette fois le public connecta, cette fois il exigea que Manzanares soit généreusement primé, mais cette fois la présidence, pour on ne sait quelle mystérieuse raison, ne consentit à lui accorder qu’une seule oreille. Dérisoire reconnaissance, presque une gifle, une insulte. Lancée à un Manzanares snobé, un Manzanares humilié mais un Manzanares que l’on ne risque pas d’oublier.

# Aujourd’hui : à 11 h, corrida équestre pour Moura, Mendoza et Ventura. A 17 h, corrida de Valdefresno pour Bautista, Castella et Perez qui prendra l’alternative.

12/09/2009

Feria d'Arles : un toro pour l’histoire

Première corrida de la feria du Riz.

Nous étions peu nombreux pour voir ça, 5 000 environ, mais nous ne sommes pas près de l’oublier. Ça, c’est un grand toro comme on en voit un par saison, et on a eu la chance de l’admirer en majesté, hier à Arles. Ce fut à l’occasion d’une corrida concours qui s’est rapidement transformée en mano a mano, un des trois toreros, Sanchez Vara, déclarant forfait, pendant la course mais avant même de toréer, en raison d’une gêne persistante au bras.

low.jpgA Domingo Lopez Chaves (photo Richard de Hullessen) et Fernando Cruz, donc, de se coltiner chacun trois adversaires également magnifiques de présentation. Fernando Cruz (saluts, silence et silence) n’a pas été choyé par le tirage au sort. A son premier, du Conde de la Corte, il réussit un bon début droitier mais sa faena sonna bien moins joliment à gauche. Puis son adversaire termina dangereux et Cruz ne put que saluer sous l’ovation. Du danger, il ne vit ensuite que ça, qu’il s’agisse du très bel exemplaire de Yonnet, qui ne cherchait qu’à l’attraper, ou de l’impossible Celestino Cuadri qu’il reçut comme dernier opposant.

Domingo Lopez Chaves (silence, oreille et silence) passa un tout autre après-midi, même s’il n’en tirera guère plus de bénéfice que Cruz de la sienne. Il sécha ainsi avec un toro arrêté de Prieto de la Cal, qui avait laissé toute son énergie lors d’un époustouflant premier tiers aux piques. Il n’avait auparavant pas montré beaucoup plus avec un gras toro de Partido de Resina, arrivé lui aussi rincé à la muleta. Mais c’est surtout à lui qu’échut l’honneur, ou le malheur, c’est selon, d’affronter Clavel-Blanco, immense toro de Perez de Vargas. Qui encaissa d’abord sans broncher, mais en poussant fort, cinq châtiments appuyés et magnifiquement administrés part un picador inspiré, désarçonné deux fois mais jamais démonté.

C’est bouche fermée, et après avoir coursé les banderilleros aux quatre coins de l’arène, qu’il se présenta ensuite à la muleta d’un Domingo Lopez Chaves surexcité, essayant, sans jamais vraiment y parvenir, de dominer sa peur de mal faire, son angoisse face à ses propres limites, sa crainte de la réaction du public, son appréhension d’un échec redouté. Alors Clavel-Blanco l’aida en lui offrant des charges en rond d’un tracé limpide, l’effraya aussi par quelques réactions violentes et finit par le mettre en déroute une dernière fois, comme excédé et avec… une épée dans le corps. Et devant ce qui ressemblait quand même un peu à un gâchis, Clavel-Blanco préférera aller mourir tout seul, sous le soleil et au centre de la piste exactement.

L’oreille accordée à Chaves sera protestée et le tour de piste posthume offert à ce toro unique unanimement fêté. Et on ne put s’empêcher alors de penser que s’il avait croisé un autre torero, sa vie aurait pu être sauvée.

# Aujourd’hui : classe taurine à 11 h avec entraînement de Michelito ; à 17 h, corrida de Jandilla pour Aparicio, El Cid et Manzanares.