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02/06/2014

Retour à Nîmes

Après une longue période de sommeil, retour sur  Toros blog, un retour qui passe forcément par Nîmes, à quelques jours de l'ouverture de la feria de Pentecôte.

Juli et les Miura

Un cycle qui à sa seule évocation exalte un Simon Casas toujours passionné quand on le sollicite pour le présenter : "J'ai élaboré la programmation de cette feria sur la base de la doctrine qui reste toujours la mienne, celle de l'excellence. Avec la présence des plus grands toreros bien sûr, mais aussi celle des plus grands élevages de l'actualité. Et quand je dis les meilleurs élevages, je parle à partir de données objectives, pas à partir de concepts illusoires. Et puis je suis toujours en quête de certaines originalités, de celles qu'on ne voit pas ailleurs, comme cette année avec la présence d'El Juli devant les Miura." Une confrontation effectivement événementielle, que l'on aurait dû voir à Séville l'an dernier, mais avortée en raison d'une blessure de la star. Nîmes en profitera donc le lundi de Pentecôte. 

G4, G5...

Et quand on évoque avec lui les alliances objectives entre les plus grands toreros (G4, G5...)  pour peser sur le déroulement d'une saison et la composition des affiches vedettes des ferias, Simon Casas hausse les épaules : "J'ai toujours programmé les plus grandes vedettes, je les programme encore, je les programmerai toujours. Quand je parle d'excellence, il est aussi question de mes relations avec des toreros que je reconnais en tant qu'artistes et acteurs du développement de la culture."

Et Tomas ?

Artistes parmi lesquels José Tomas figure à une place unique : "Je le programme plus souvent que les autres et souvent dans des moments exceptionnels. Là, je le programme à Grenade pour la corrida de son retour après son solo à Nîmes." Qui date déjà des Vendanges 2012. Dès lors, quid d'une présence de José Tomas lors des Vendanges 2014 ? Le Nîmois répond : "Je respecte sa discrétion donc je ne parle pas plus qu'il ne le faut pour tout ce qui le concerne. Oui, sinon, je caresse le rêve qu'il soit à Nîmes en septembre. Et avec lui, souvent, mes rêves deviennent réalité. Mais tant que le contrat n'est pas signé, je ne l'annoncerai jamais dans une de mes arènes."

Alors en attendant septembre, même en songe, autant profiter du réel d'une feria de Pentecôte qui s'annonce belle et vibrante. On en reparle ici toute la semaine, promis.

01/08/2013

Mort d'Antonio Corbacho

Le mundillo salue aujourd'hui avec respect la mémoire d'Antonio Corbacho. Un respect témoigné sans emphase ni pathos excessif ce qui, pour sûr, ne collerait pas vraiment avec le personnage. Car lui parti, c'est un petit morceai unique de l'histoire de la tauromachie qui disparaît. Empreint de mysticisme et de passion, de rigueur et de hiératisme, de valeurs sur lesquelles il ne transigeait pour rien au monde tout en conservant une ouverture sur le monde permanente, attentive, réflexive. Un homme qui forma José Tomas puis son clone, Talavante, en convoquant autant (peut-être plus) la philosophie des samouraïs que l'esprit de Manolete, en visionnant éventuellement autant de chambaras (films de sabres japonais) que des vidéos de corridas de Joselito. Corbacho, c'était l'homme qui invitait l'aficionado curieux à sortir de l'arène. Sans jamais rien en dire évidemment. Et si sur sa postérité il est par nature impossible de se prononcer aujourd'hui, il reste déjà acquis que sa petite silhouette noire et taciturne manquera dans le paysage. Et que nul ne la remplacera.

10/05/2013

Partout, Casas

Simon Casas sur tous les fronts ? Approche de la feria de Pentecôte oblige, rien d'étonnant pensera-t-on. Il n'empêche, la multiplicité de ses activités du moment et son inlassable énergie passée à les commenter, les argumenter, les expliquer ne manque pas d'étonner, même ceux qui chroniquent son actualité depuis de longues années. Apoderado toujours, directeur de ses arènes "de coeur" (Nîmes, évidemment), entrepreneur de spectacles taurins des deux côtés des Pyrénées, débatteur roué et personnalité médiatique madrée, écrivain... Il n'y a guère que la politique qu'il semble tenir à distance depuis quelques temps. Pour mieux y revenir un jour ? S'il n'en parle plus jamais c'est peut-être qu'il doit en rêver.

Cette hyper-activité sur le plan de son implication multi-cartes dans le monde taurin, il l'explique. Elle tient en une stratégie, celle de "la toile d'araignée" ainsi qu'il la nomme lui-même à la mi-journée de ce vendredi de mai. Et le Nîmois en use au service d'une ambition avouée : "Etre présent à tous les carrefours importants du marché. C'est une stratégie marketing d'entreprises, oui" consent celui qui vient d'entrer dans les arènes de Malaga. Nouvelle étape d'une ascension qu'il décrit ainsi : "Seul, ou associé avec des entrepreneurs correspondant à ma sensibilité - ce qui me permet aussi de déléguer beaucoup - je suis aujourd'hui devenu la première entreprise mondiale de production en matière de tauromachie."

On le retrouve ainsi, en patron ou en associé, majoritaire ou minoritaire, à Nîmes, Valencia, Malaga, Mont-de-Marsan ou Madrid. Alicante (où il est seul candidat) va aussi bientôt tomber dans son escarcelle. Et ce n'est pas fini selon ses propres dires : "Vous l'avez noté, des entreprises s'écroulent, d'autres disparaisent purement et simplement. Saragosse ou le Puerto vont bientôt tomber. Je serai candidat."

Plus que jamais aussi, il prône la flexibilité en matière d'organisation et de programmation, "en fonction de l'actualité tauromachique, du la conjoncture économique et des désirs du moment du public. Actuellement il faut privilégier la qualité à la quantité, revoir les redevances et tarifs de location des arènes à la baisse". A Nîmes, il apprécie d'avoir été entendu et s'avoue pleinement satisfait  de ses cartels : "Il ne manque pas une vedette à part Tomas blessé. Regardez ce qui se fait ailleurs en France et comparez. Et puis moi, quand je fais du torisme, comme avec le mano a mano des Miuras, c'est du torisme de qualité, pas dogmatique. Parce que programmer des mulets, ce n'est pas faire du torisme, c'est faire une "mulade" ! " ose-t-il le temps d'un néologisme inventé sur l'instant.

On terminera cet entretien avec lui en évoquant brièvement "La Corrida parfaite" titre de son dernier ouvrage sur lequel nous reviendrons longuement très bientôt : "La corrida de José Tomas m'a révélé des émotions. Elle m'a amené à repenser à mes 20 ans, vécus avec Alain (Montcouquiol, ndlr) à Madrid. Lui il a voulu vivre dans l'ombre, moi dans la lumière. C'est la vie et je cherche à comprendre. J'ai écrit ce livre pour ça, après cette corrida-là, cet aboutissement."

Le passé jamais oublié, omniprésent dans l'actualité, des projets plein la tête pour le futur : Casas, partout.

05/04/2013

Les cartels de Pentecôte à Nîmes

Voici les cartels de la Pentecôte nîmoise, confirmés par Simon Casas. Qui a convié le gratin (ne manque personne sinon Tomas blessé), nul ne se produisant plus d'une fois. On les commente plus en détails sous peu, en attendant, découvrons les affiches des corridas, sachant qu'une novillada de Ponce ouvrira le cycle le mercredi. Jeudi 16 mai: Escolar Gil pour Rafaelillo, Robleño et Bolivar. Vendredi 17 : Jandilla pour Padilla, Bautista et Fandiño. Samedi 18 : Cuvillo pour Finito, Morante et Manzanares le matin et, l'après-midi, toros de Juan Pedro pour Ponce, Perera et Luque. Dimanche 19 : mano a mano Juan Leal-Castella, le premier prenant l'alternative, puis autre mano a mano, Ferrera-Castaño, devant des Miura. Lundi 20 : Mendoza, Cartagena et Moura Jr à cheval devant des Bohorquez avant le final avec le Juli, Talavante et Silveti face à des Victoriano del Rio.

28/02/2013

La corrida parfaite de Simon Casas

Après "Taches d'encre et de sang" et "L'envers" des capes, Simon Casas publiera ce printemps (éditions Au Diable Vauvert)  son troisième livre. Soit "La corrida parfaite", récit de l'élaboration et du déroulement de la corrida du 16 septembre dernier à Nîmes, ce solo de José Tomas dont certains ne se sont toujours pas remis. Et il n'y avait pas de voix plus autorisée pour en parler (à part celle du torero lui-même bien sûr) que celle du Nîmois, qui a monté cet événement de A à Z. On le lit et on y revient.

16/09/2012

Triomphe de la tauromachie

Onze oreilles, une queue, un indulto, José Tomas a indiscutablement triomphé ce matin aux arènes de Nîmes. Son nom scandé, un abrazo émouvant avec le matador, des arènes archi-combles, Simon Casas a également remporté un grand succès personnel. La plaza nîmoise aussi est au plus haut en ce dimanche pour l'histoire.

Mas c'est toute la tauromachie qui sort grandie de cette matinée par moments bouleversante. Car il s'agissait d'une vraie corrida de toros, d'une belle présentation, d'une franche solidité. Irréprochable, oui. Et parce que Tomas a relevé le défi dans des proportions que l'on n'osait pas imaginer : six faenas brèves, vingt à vingt-cinq passes, c'est tout, cinq grands coups d'épée, pas un de plus, des derechazos, des naturelles, quelques coquetteries ornementales et puis voilà. Tauromachie classique, épurée, qui n'a pas besoin d'artifices, ni de jouer sur la durée, ni de forcer l'émotion ou quoi que ce soit. Et, bien sûr, servie par un interprète qui nous a semblé apaisé, souriant comme jamais, énigmatique comme toujours.

Une certitude : il continue. De multiples inconnues : où, quand, à quel rythme ? Hier de Vargas Llosa  aux membres du club taurin de Riscles, en passant par Denis Podalydès, Edouard Baer et tout le mundillo réuni, les rumeurs bruissaient. L'une le renvoyait à Aguascalientes, de retour sur les lieux de son drame personnel, peut-être pour y tirer sa révérence. Lui seul le sait, on n'a pas fini de le faire parler. En attendant, on a fait le plein de souvenirs pour un hiver sans toros, des faenas tout en douceurs et liaisons, quatre passes de cape tenue en une seule main enchaînée, des estocades pour école taurine, des entames de faena  du point de vue du toro (Tomas commence là où il est, ne va pas le chercher mais le fait venir), un coeur de muleta qui aspire, les cla-clac des appareils photos qui déclenchent sur chaque passe et qui donnent le tempo, un public qui crit son plaisir, debout du début à la fin d'un paseo comme jamais vu dans ce théâtre. Et tant d'autres images encore...

15/09/2012

En attendant Tomas

Une petite oreille seulement, pour Manzanares, dans le mano a mano très attendu avec Morante, Andy Cartagena et Mendoza qui en récoltent un tombereau, et une queue chacun, ce matin à cheval... Fortunes diverses aujourd'hui à Nîmes pour des aficionados qui ont rempli deux fois les arènes. En attendant Tomas, dans quelques heures...

09/09/2012

Exceptionnelles Vendanges

Alors que se termine aujourd'hui la feria du Riz avec sa traditionnelle corrida-concours (Bautista et Mendoza ont triomphé hier lors de la goyesque) se profilent déjà les exceptionnelles Vendanges concoctées à Nîmes par Simon Casas.

Une novillada de Fuente Ymbro jeudi après-midi, Lescarret et Castano en mano a mano devant des Margé vendredi après-midi, une corrida équestre samedi matin (avec Mendoza), avant une succession d'événements majeurs : Morante et Manzanares en mano a mano samedi après-midi, Tomas en solo dimanche matin, le Juli et Castella en clôture dimanche après-midi, ouf. Un rêve de programmation "all stars" ou une programmation de rêve, c'est selon et c'est déjà plein pour Tomas. Le pari était aussi coûteux que risqué, mais le directeur de la programmation tauromachique des arènes de Nîmes affirme l'avoir déjà  réussi sur le plan économique.

Il s'en expliquait cette semaine, la voix cassée, l'exaltation intacte : "J'ai toujours eu pour Nîmes ce désir d'excellence. Là, avec cette programmation et notamment cette corrida de José Tomas, on touche à l'excellence de l'excellence." Comment s'est monté ce solo ? "C'est Tomas qui en a eu envie et son apoderado m'en a parlé, me confiant qu'il souhaitait tuer six toros et que c'est à Nîmes qu'il voulait le faire. L'an dernier, il avait fait son retour à Valencia, des arènes que je gère, déjà... Disons que quand José Tomas a une envie particulière, c'est à moi qu'il en parle en premier. Mais après, parler ne suffit pas..." glisse Simon Casas. Qui ne sait pas s'il s'agira de la dernière corrida  de l'énigmatique Madrilène, comme une rumeur le laisse entendre avec insistance : "Je suis incapable de répondre à ça, mais bon, ça se peut. Regardez sa saison, avec le Juli à Badajoz, avec Morante à Huelva, seul à Nîmes... Mais l'événement reste exceptionnel, quoi qu'il arrive. Et si on ajoute les mano a mano on est au sommet" s'enthousiasme-t-il encore.

Sans entrer dans la confidentialité des montant des cachets ("Une clause des contrats me l'interdit de toute façon"), le Nîmois consent cependant à révéler que cette feria a un coût d'"environ 2,5 millions d'euros, entre l'investissement sur les cachets et les coûts de fonctionnement et de production. Au départ, je peux perdre beaucoup, mais je peux dire d'ores et déjà que ma société va finalement gagner de l'argent. La demande d'abonnements est extraordinaire, nous n'en avons jamais vendu autant, même à l'époque des grandes années d'Ojeda."

De quoi conforter Simon Casas dans quelques-unes de ses certitudes, notamment en cette période de crise : "La saison est catastrophique. Il n'y a pas moins de consommation de tauromachie, mais moins de consommateurs de tauromachie, car ils ont moins de pouvoir d'achat, c'est un fait économique international. Dans notre secteur, pour lutter contre la crise, il faut donc privilégier la qualité des spectacles, car quand elle est d'un niveau très élevée le public répond présent, à la quantité. C'est pour ça que je ne propose pas de corrida ni jeudi après-midi, ni vendredi matin. Et nous allons faire autant de spectateurs en six spectacles, soit 60 000 entrées payantes, lors de ces Vendanges, qu'en onze spectacles à Pentecôte !" Et lui qui estime "entre 15 à 20 millions d'euros l'impact économique de cette feria pour Nîmes et sa région", pense aussi que les Villes devraient revoir à la baisse les montants de leur redevance.

En attendant, à Nîmes, on compte les jours avant de vivre assurément un des moments les extravagants de la saison, notamment lors de cette matinée de dimanche au cours de laquelle le torero le plus hors-norme de l'ère moderne (quoi que l'on pense de lui, de son style, de sa carrière et de la façon dont il l'a conduite)  affrontera plus de toros en deux heures que depuis le début de sa saison. 

06/09/2012

Signes

Le Juli et Talavante qui sortent en triomphe des arènes de Valladolid devant les caméras de TVE, signifiant la reprise des retransmissions de corridas en direct à la télévision publique espagnole six ans après leur disparition. Des arènes de Nîmes annoncées archi-combles pour la feria des Vendanges (on y revient bientôt), avec la présence annoncée du prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa dans les gradins pour le solo de José Tomas dimanche. Le quotidien L'équipe qui consacre deux pages aussi pédagogiques que positives à la tauromachie (quotidien qui tenait il y a quelques décennies une rubrique tauromachie). Moribonde la tauromachie ? Les signes émis depuis quelques jours et envoyés depuis la planète des toros tendraient plutôt à prouver le contraire...

04/06/2012

Tomas en solo à Nîmes

Tomas en solo le 16 septembre dans les arènes de Nîmes, voilà ce qu'a annoncé Simon Casas il y a quelques heures. On en reparle très vite mais sachant que cette course événementielle précédera une alternative de Fernando Adrian donnée par Juli et Castella (tout juste distingué trimphateur et auteur de la meilleure faena de la San Isidro, rien que ça) et suivra un mano a mano entre Morante et Manzanares, le lendemain, on situe le niveau des prochaines Vendanges. Première impression : wow !